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 Découverte du pigeonnier

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Tancrede_coulomb
conseiller municipal
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Sexe : Masculin

Village : Azincourt
Messages : 4


MessageSujet: Découverte du pigeonnier   Lun 18 Avr - 17:51

Azincourt, aux premières lueurs du jour.

Le soleil radieux de ce mois d'avril commençait tout juste à inonder les toits de sa douce chaleur rougeoyante. Comme à son habitude, Tancrède arpentait les rues de la ville en flânant avant d'entamer son labeur quotidien dans la mine d'or aux abords d'Azincourt. Il aimait profiter de cet instant privilégié où le calme des rues n'avait pas encore cédé sa place au tumulte du réveil de ses habitants. Seules quelques badauds qui comme lui allaient trimer dans les sous sols marchaient ça et là, la mine basse et l'air abattu. Au détour d'une taverne, il apercevait souvent un ivrogne qui tentait tant bien que mal de rejoindre sa couche. Il errait donc d'un pas nonchalant, peu pressé qu'il était de s'enfermer dans les galeries de la mine, changeant d'itinéraire chaque jour pour découvrir les coins et recoins de la cité. Il longea le soulodrome, s'engouffra dans une ruelle qu'il arpenta dans toute sa longueur. Son oreille fut aussitôt attiré par des bruits familiers provenant des toits. Chants légers du matin, cliquetis des pattes qui sautilles d'un pas quelque peu lourdot. Des lignées de pigeons s'étalaient à son aplomb et se faisaient plus nombreux au fur et à mesure qu'il avançait. Peu farouches, certains s'écartaient de ses pas au dernier moment, manquant in extremis de se prendre un coup de savate. Phileas, son messager à plume, restait quant à lui sagement perché sur son épaule, attendant les habituelles miettes de pain rassit que son maître ne tarderait pas à lui donner.

La ruelle s'ouvrait sur une place sur laquelle Tancrède n'avait jamais mis les pieds. Un massif bâtiment cylindrique en pierre, surplombé d'un toit d'ardoise, trônait ici; Les marques de fiente de pigeons qui jonchait sa façade ne laissait que peu de doute sur l'utilité de la bâtisse.


Le pigeonnier rappela Tancrède à de lointains souvenirs de son enfance, sa vie passée qu'il avait fuit par contrainte et qu'il fuyait encore. Il resta là, les yeux rivés sur les pierres blanches souillées, dispersant sans même s'en apercevoir les quelques grains de maïs qu'il avait dans la poche. il déclencha aussitôt une nuée de ces musculeux volatiles qui se battirent ardemment à coup de bec pour gagner leur ration, Phileas en première ligne.

Rappelé à l'ordre par le tintement des cloches, Tancrède sursauta, réalisant qu'il allait être en retard. Il siffla le rappel et hâta le pas vers la périphérie.
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Milesende
conseiller municipal
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Sexe : Féminin

Village : Azincourt
Messages : 2


MessageSujet: Re: Découverte du pigeonnier   Mar 15 Jan - 19:42

La tendresse du père est presque toujours en conflit avec les intérêts du chef.
Marguerite Yourcenar


Citation :
Mon cher Papa,

Azincourt est une ville sûre, protégée, et pour l'instant épargnée par la maladie. Les gens y sont aimables et dévoués, pleins d'entrain et d'esprit. A titre gracieux, il m'est autorisé de séjourner à l'auberge, le temps de réguler ma situation icelieu. Ceci sera sous peu chose faite : j'irai bientôt visiter le conseiller du Comte afin de négocier ma première parcelle. Dans cette perspective, je prends la pioche et ce chaque jour, sous la surveillance et la protection de nostre contremaitre. Ce dernier, je puis vous le jurer, assure ma sécurité dans les galeries qui, voyez vous, ne sont pas si sombres que cela.

Par conséquent, et je vous en conjure, ne regrettez rien. Ne craignez point pour moi. Il est des nécessités auxquelles vous deviez répondre : vostre décision fut juste et réfléchie. Je me languis de vous tous, de la maison, de ce village qui restera toujours "mon village". Cependant je ne suis point malheureuse.
Je vous ferai rapidement transmettre, comme convenu, la moitié de mes gages. Le montant sera de trente-cinq écus.
Embrassez de ma part Marguerite, Berthe et Estienne. Je les sers de toutes mes forces contre mon petit coeur.
Mes prières vont vers vous. Je vous aime.

Affectueusement,

Mily

Milesende dévala la grande artère, s'engouffra à toutes allures dans quelques étroites ruelles et déboucha soudainement sur "la place qui chante", comme les Azincourtois se plaisaient à la nommer. Le pigeonnier était une des grandes fiertés de la ville, producteur exclusif de la précieuse colombine, engrais principal des cultures délicates et exigeantes. Ainsi était-il religieusement entretenu afin que chaque jour l'irremplaçable fiente puisse être récoltée.
Quelques dizaines de volatiles se pavanaient sur les pavés, gras et fiers, longeant pompeusement leur royal habitat et piaillant à tout rompre.

La petiote était à la recherche du Piaf.
Bien évidemment, la stupide volaille ne daignait mettre le bec dehors, préférant roupiller dans ses propres déjections. Il était alors nécessaire de pénétrer l'antre du Pigeon. Personne n'en sortait réellement indemne. La jeunette soupira à en fendre les murs et poussa le battant de bois pourri, le bras soigneusement posé sur la bouche. La puanteur était effroyable, presque cruelle. Dans une cacophonie de roucoulades indignées, Milesende entreprit de localiser sa bestiole, l'espérant à porter de main. Grâce à Aristote, le Piaf n'affectionnait guère les hauteurs : trop d'effort, trop de travail, trop de battements d'ailes, et une vue qui n'en valait pas la peine.
L'oiseau en question était pansu, boursouflé, doté de pattes quasi inexistantes et d'un regard méchant. Il était cependant adoré de Berthe dont l'affliction, au moment de la séparation, n'avait pas été feinte.

Le pigeon obèse eut beau pousser de tragiques hurlements, la jeune fille eut tôt fait de le décrocher de son perchoir et de lui fourrer sa missive entre les griffes.


- Cela suffit va ! Arrête donc de geindre. Il serait plus sage de te concentrer car si cette lettre n'arrive pas à destination, adieu aux traitements de faveur de la frangine. Ta seule utilité sera dans la casserole...

Sans demander son reste, le Piaf prit son envol dans un roucoulement courroucé.
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